Ce que les femmes me racontent encore
Aujourd’hui, c’est le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Pas la “journée de la femme”. Pas une fête.
Une journée pour se souvenir que beaucoup de droits ont été arrachés et que certains restent encore à défendre.
Les droits des mamans malmenés
Dans mon travail de doula, je rencontre beaucoup de femmes. Des femmes différentes, des histoires différentes, des parcours uniques.
Mais certaines phrases reviennent encore et toujours. Des phrases que j’entends dans les récits d’accouchement.
“On m’a dit que ça ne pouvait pas faire si mal.”
“On m’a dit que j’exagérais.”
“J’avais évoqué l’idée d’un accouchement à la maison… on m’a répondu qu’il fallait être complètement inconsciente pour vouloir ça.”
“Mon bébé était en siège. On m’a dit que ce serait césarienne d’office.”
Et puis il y a cette phrase, celle qui revient trop souvent.
“on ne m’a pas écouté”
Et celle qui suit la plupart du temps…
“on m’a volé mon accouchement.”
S’assurer l’information et le soutien
Pour aider les femmes à comprendre leurs droits.
Pour leur rappeler qu’elles peuvent poser des questions.
Qu’elles peuvent réfléchir.
Qu’elles peuvent choisir.
Nous ne prenons pas de décisions à la place des parents.
Nous ne les influençons pas.
N’être d’aucun dogme
S’il est souvent reproché au personnel médical de n’avoir qu’une vision des choses et de vouloir l’imposer aux patients, je tiens aussi à être très claire sur un point me concernant.
Je ne suis ni pour ni contre une manière d’accoucher.
Ni pour l’hôpital.
Ni contre la péridurale.
Ni pour la maison.
Ni contre la césarienne.
La seule idéologie qui guide mon travail est beaucoup plus simple que ça.
Je crois profondément que les choix posés par une femme sont les bons s’ils sont justes pour elle et s’ils sont réellement les siens.
Un accouchement respecté n’a pas une forme unique.
Il peut être médicalisé ou physiologique.
Rapide ou long.
À l’hôpital ou à la maison.
Ce qui compte, ce n’est pas la forme. C’est que la femme ait été écoutée, informée et respectée.
Que les décisions aient été prises avec elle. Et que lorsqu’elle repense à la naissance de son enfant, elle puisse se dire :
« J’étais là.
J’étais actrice.
C’était mon accouchement. »
Parce que les droits des femmes ne vivent pas seulement dans les lois. Ils vivent aussi dans ces moments-là, dans ces salles de naissance, dans la manière dont une femme est regardée, entendue, touchée et accompagnée.
Et c’est aussi pour cela que, chaque jour, je fais ce métier.





