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La place des pères…

J’accompagne toutes sortes de familles : des couples hétéros, des couples homos, des couples mariés, d’autres qui ne vivent pas ensemble… et aussi des mamans solos par choix ou pas.
Mais aujourd’hui, j’ai envie de parler des papas.

Essentiels…

Tout est parti d’un cliché de Mélissa Valli. Une image forte qui a mis en évidence une chose à laquelle je pense souvent : on parle trop peu des pères.

Et pourtant… ils sont essentiels. Essentiels à leur compagne autant qu’à leur enfant. Mélange subtil de jeux un peu bruts et de tendresse infinie, ils sont souvent les garde-fous silencieux d’une maternité sereine.

Dans mon cabinet, j’ai la chance d’en voir passer beaucoup et à chaque fois, je me dis que j’exerce un métier privilégié.

“Je ne sais pas trop pourquoi je suis là…”

Soyons honnêtes. Bien souvent, ils arrivent parce que leur compagne les a (un peu, beaucoup, de force) embarqués dans l’aventure.

— « Bonjour, quelles sont vos attentes ? »

— « Euh… je ne sais pas trop, c’est elle qui voulait venir… »

Amener un homme dans un univers qui lui est souvent totalement étranger — surtout pour un premier bébé — c’est tout un voyage voire une épopée.

Et là, dans ma tête ça clignote : challenge accepté !

Mais ce qu’on ne se dit pas c’est que déjà, il y a quelque chose de beau : il est là.         
Et c’est par amour.

Sous la carapace

Derrière des airs parfois un peu bourrus, derrière les blagues et les postures de “gros dur”, il y a presque toujours la même chose :

Un cœur immense et une seule envie : prendre soin.

Prendre soin de celle qu’ils aiment.

Prendre soin de ce bébé qu’ils ne connaissent pas encore… mais qu’ils ont envie d’aimer.

Être, plutôt que faire

Beaucoup de pères pensent — à tort — qu’ils n’ont pas vraiment de rôle pendant la grossesse, qu’ils ne peuvent rien faire. Mais ils se trompent.

Parce que leur rôle ne se situe pas dans le “faire”… mais dans le fait d’ÊTRE.

Être là.
Être présent.
Être soutenant.

Et ça change tout. Il suffit de voir le visage d’une future maman quand son compagnon entre dans la pièce…
D’entendre : « Il me chouchoute, c’est un amour. »

Cette sécurité-là est profondément puissante.

La rencontre invisible

Avec l’haptonomie, cette place prend encore une autre dimension. Dès les premiers touchers, quelque chose se tisse.

Quand un père se pose vraiment, pour la première fois, quand ses mains se déposent avec douceur sur le ventre,
quand les regards se croisent… C’est souvent à ce moment-là que la magie opère.

Tout est déjà là.

J’ai vu des hommes très réservés laisser couler une larme, des corps puissants devenir infiniment délicats, des sceptiques s’émerveiller, presque incrédules.

Parce que soudain, ils sentent ce bébé qui répond, qui confirme ce père en devenir.

Ils se rencontrent.

Une naissance déjà commencée

Quand ce lien se construit si tôt, la suite est différente. Le jour de la naissance, ces pères sont là :
présents, ancrés, confiants.

Ils soutiennent. Ils accompagnent. Ils ne lâchent rien. Les bébés savent qu’ils ont été soutenus, respectés et écoutés.

Et quand enfin leur enfant arrive… il n’est pas un inconnu.

Les mains se reconnaissent… Et les présences aussi.

Ce que cette image raconte

Cette photo, elle dit tout ça.

Elle raconte la tendresse dans la force. Elle montre qu’on peut être profondément doux sans rien perdre de sa puissance d’homme.

Elle parle d’un lien qui commence bien avant la naissance.

Par un simple toucher.

Ceux qui veillent, en silence

Et puis il y a l’après. Ces jours, ces semaines, ces mois où tout bascule.
Où la mère naît, elle aussi.

Dans ces moments-là, gardiens discrets de l’équilibre, les pères deviennent ceux qui veillent.

Sur le bien-être physique. Sur les émotions. Sur ce fragile ajustement à trois (et c’est pareil à quatre ou à huit)

Ils observent. Ils soutiennent. Ils protègent… Encore

En rencontre, je prends souvent un moment avec eux, à part. Et je leur pose cette question toute simple :

— « Et elle… comment elle va, pour de vrai ? »

Et à chaque fois — vraiment, à chaque fois — je suis frappée par la finesse de leurs réponses. Par la justesse de ce qu’ils perçoivent. Par leur capacité à voir ce qui ne se dit pas.

Parfois même, ils me demandent de redire certaines choses… Pas pour eux.

Pour elle.

Pour que ça passe mieux et que ça soit entendu autrement.

Et puis je me tourne vers eux :

— « Et toi, comment tu vas, pour de vrai ? »

Et la réponse est presque toujours la même.    
Simple et désarmante : « Si elle va bien… alors moi ça va. »

Et si on leur faisait une vraie place ? 

À vous, les papas qui avez envie de vous investir.          
À vous, les mamans qui souhaitez leur laisser cette place.

La préparation affective à la naissance, et notamment l’haptonomie, est une richesse immense.

Ne vous en privez pas.