(ou pourquoi je crois de moins en moins au hasard)
Après ce déclic, rien ne s’est passé immédiatement, et c’est sans doute ce qui a rendu la suite juste.
Il n’y a pas eu de décision fracassante, pas de virage à 180 degrés pris sur un coup de tête, mais plutôt une présence nouvelle, discrète mais tenace, qui m’accompagnait au quotidien.
L’haptonomie était là, en toile de fond.
Dans mes lectures.
Dans mes réflexions.
Dans cette petite voix intérieure qui revenait régulièrement me souffler que quelque chose m’attendait de ce côté-là.
J’ai alors découvert qu’il existait, en Belgique, une formation qui commençait par deux années de communication par le toucher, avant même d’entrer dans le cœur de l’haptonomie.
Deux ans.
Rien que ça.
Autant dire que mon enthousiasme s’est immédiatement frotté à une réalité beaucoup plus terre-à-terre.
Le temps du doute (et des mille bonnes raisons d’attendre)
Deux ans, c’était long.
Deux ans, c’était un investissement.
Deux ans, c’était aussi une organisation familiale à repenser, avec deux ouragans à la maison et un quotidien déjà bien rempli.
Alors j’ai hésité.
Beaucoup.
Je me suis posé toutes les questions possibles, celles qui rassurent autant qu’elles freinent :
Est-ce bien raisonnable ? Est-ce le bon moment ? Est-ce que j’en ai vraiment envie ? Est-ce que j’en suis capable ?
Pendant longtemps, je n’ai rien décidé.
Ou plutôt, j’ai laissé les choses mûrir en moi, convaincue — même si je ne savais pas encore l’expliquer — que certaines décisions avaient besoin de temps pour devenir évidentes.
Avec le recul, je sais que ces deux années n’étaient pas du temps perdu, mais un temps nécessaire, un espace pour me préparer intérieurement à ce qui allait suivre.
Le premier pas
Le jour où j’ai finalement franchi la porte de cette formation en communication par le toucher, j’ai immédiatement compris que je n’étais pas là par hasard.
Dès la première journée, je me suis retrouvée entourée de sages-femmes, de psychologues, de kinésithérapeutes, de professeurs, d’étudiantes, de doulas… des parcours différents, des histoires singulières, mais une même sensibilité, une même attention portée à l’humain.
Très vite, j’ai ressenti cette sensation rare et précieuse d’être exactement à ma place, comme si toutes ces hésitations, ces détours et ces questionnements m’avaient conduite là, au bon moment.
Des rencontres qui changent tout
Les personnes que j’ai rencontrées dans cette formation m’ont profondément marquée.
Par leur engagement, leur douceur, leur intelligence, leur manière d’être en relation.
Je les écoutais.
Elles m’écoutaient.
Et puis, presque naturellement, la question est arrivée, posée sans pression mais avec une évidence déconcertante :
« Pourquoi tu ne deviendrais pas doula ? »
J’ai souri.
Bien sûr que l’idée m’avait déjà traversé l’esprit, mais je n’étais pas encore prête à y répondre.
Pas parce que je doutais du sens, mais parce que je sentais qu’il me manquait encore quelque chose pour oser.
Le hasard n’en n’est peut-être pas un
À ce moment-là, elles m’ont parlé d’une nouvelle certification, venue du Canada.
Et là, quelque chose a résonné très fort en moi.
Parce que je suis institutrice de formation, et que le Canada, dans mon imaginaire pédagogique, a toujours eu des allures d’Eldorado.
Un lieu d’innovation, de réflexion, de respect des rythmes et des individus.
Cet argument-là a fait mouche.
Je n’ai rien décidé sur-le-champ, mais une porte venait de s’ouvrir, et je savais que je n’allais plus pouvoir l’ignorer très longtemps.




