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Episode 4 – Le déclic

(ou le moment où tout a commencé à faire sens)

Après la naissance de belle tornade, je suis restée longtemps avec cette impression étrange, un mélange diffus de fatigue, d’incompréhension et de tristesse, comme si quelque chose n’avait pas été à sa place, sans que je sois encore capable de mettre des mots précis dessus.

Je savais seulement une chose : ce que j’avais vécu ne pouvait pas être « normal ».
Pas au sens médical du terme, mais au sens profondément humain.

Accoucher dans la peur, perdre ses repères, se sentir envahie par une panique incontrôlable… ce n’était pas ce que j’avais envie de transmettre, ni à mes enfants, ni à moi-même.

Alors j’ai commencé à chercher.
Pas de manière frénétique, mais avec ce besoin calme et obstiné de comprendre ce qui s’était joué, ce qui m’avait manqué, et surtout ce qui aurait pu être différent.

 

Mettre des mots pour reprendre du pouvoir

Très vite, mes recherches m’ont ramenée vers un mot que je connaissais déjà, mais que je n’avais jamais vraiment exploré en profondeur : l’haptonomie.

En relisant, en creusant, en découvrant ce qu’elle recouvrait réellement, je suis tombée sur cette définition :

L’haptonomie est la science des interactions et des relations affectives humaines.
Elle permet d’entrer en contact, par le toucher, pour confirmer, sécuriser, rendre entier.
Il s’agit d’un accompagnement qui vise à aider l’autre à prendre conscience de sa capacité à faire des choix, à s’engager et à porter la responsabilité de ses choix.

À la lecture de ces mots, quelque chose s’est profondément apaisé en moi, comme si une porte que je n’avais jamais su nommer venait enfin de s’ouvrir.

Une évidence qui s’impose doucement

Tout à coup, beaucoup de choses prenaient sens : la sécurité perdue lors de mon deuxième accouchement, l’importance du lien, la place essentielle de l’accompagnement, mais aussi ce besoin viscéral que j’avais de comprendre l’humain, ses réactions, ses peurs, ses ressources.

La périnatalité, qui m’avait toujours attirée sans que je sache pourquoi, s’est alors imposée comme une évidence, non pas comme une reconversion brutale, mais comme un prolongement naturel de ce que j’étais déjà.

Je voyais dans l’haptonomie et dans la préparation affective à la naissance bien plus qu’un simple outil : j’y percevais une manière d’être au monde, une façon d’entrer en relation avec l’autre, respectueuse, sécurisante et profondément humaine.

Et, presque sans m’en rendre compte, je me suis surprise à faire des liens avec mon métier d’enseignante, en réalisant que mes élèves extraordinaires, eux aussi, avaient besoin de sécurité, de reconnaissance et de relations vraies pour pouvoir apprendre, grandir et s’engager.

Quand le chemin commence à se dessiner

Je ne savais pas encore comment j’allais intégrer tout cela dans ma vie, ni même sous quelle forme, mais je sentais très clairement que quelque chose avait commencé à bouger en moi, lentement mais durablement.

Ce n’était pas une urgence, ni une fuite, ni une décision prise sur un coup de tête, mais plutôt une maturation silencieuse, un travail intérieur qui me préparait à la suite, même si je ne pouvais pas encore l’anticiper.

Avec le recul, je sais aujourd’hui que ce moment-là, ce temps de questionnement et de compréhension, a été le véritable point de départ de tout ce qui allait suivre.