(ou comment j’ai découvert qu’on pouvait se préparer autrement)
Malgré la vidéo aux moustaches douteuses et l’ambiance vaguement sectaire que mon cerveau avait décidé d’imaginer, nous y sommes allés.
Mon ours et moi.
Un peu tendus.
Un peu méfiants.
Mais curieux.
Dès la première séance, un immense soulagement :
personne n’était nu.
Personne n’avait de moustache suspecte.
Et surtout, personne ne nous a demandé d’être différents ou de faire quelque chose qui ne nous convenait pas.
Ouf.
Un espace à trois
Très vite, ces rendez-vous sont devenus un temps à part.
Un temps pour nous deux… et pour lui, petit cyclone, bien au chaud dans mon ventre.
L’haptonomie nous offrait des choses simples mais précieuses :
de la présence.
Du lien.
De la sécurité.
Mon ours y trouvait sa place, pleinement.
Pas comme spectateur.
Pas comme « accompagnant ».
Mais comme père déjà en relation avec son enfant.
Et moi, j’apprenais à faire confiance.
À mon corps.
À ce qui se passait.
À ce qui allait venir.
Se sentir prête (oui, vraiment)
Grâce à cette préparation, le jour où l’accouchement s’est annoncé — avec 17 jours d’avance, parce que petit cyclone n’avait visiblement aucune patience — je me suis sentie prête.
Pas dans le sens « je maîtrise tout ».
Mais dans le sens « je sais où je suis, je sais ce que je fais, et je suis entourée ».
J’étais sécurisée.
Ancrée.
Présente.
Petit cyclone est arrivé dans la sérénité et la douceur.
(Bon… avec un prénom pareil, vous imaginez bien que cette sérénité n’a pas duré éternellement.)
La dangereuse illusion de l’expérience
Après cette naissance-là, j’avais une conviction profonde :
ça y est, j’avais tout compris.
J’avais accouché.
J’avais vécu quelque chose de fort.
J’avais traversé la tempête (ou plutôt le cyclone).
Bref, je savais faire.
Spoiler alerte : Ben NOOOON…
Mais à ce moment-là, j’étais persuadée que cette expérience suffisait.
Que le savoir acquis une fois était valable pour toujours.
Que la prochaine fois, ce serait forcément plus simple.
Aaah… la confiance.




